Démocratie à Vaujours

José Da Silva - conseiller municipal du centre droit

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Conseil municipal du 08 avril 2010

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Un conseil municipal se tenait à la maison du temps libre jeudi 08 avril 2010. Comme d'habitude, vous pourrez trouver un compte-rendu plus complet de notre équipe sur le site d'Aimer Vaujours. Je vous donne ici une vision plus personnelle de la séance et des quelques sujets qui ont plus particulièrement attiré mon attention.

AMBIANCE:


Les sages au conseil
D'abord la présence du public plus nombreux que d'habitude. Sur une idée de son président, une partie du conseil des sages était dans la salle. Entendre l'assistance vibrer pendant les débats donne plus de sens à l'action des élus que nous sommes, que ce soit dans la majorité ou dans l'opposition. Pendant la brève séance de questions-réponses au public, un des sages a fait une intervention très engagée contre le p
rojet d'implantation d'un Casino à Vaujours.


Les voix dans la majorité
En dehors du maire et de ses adjoints, il est très rare d'entendre les conseillers municipaux de la majorité s'exprimer en séance. Les voir, enfin, réagir et demander la parole plus souvent m'apparait clairement comme un exercice de démocratie. Même si nos idées ne convergent pas toujours, les confronter et en tirer le meilleur pour la ville, quoi de plus conforme à cette institution qu'est le conseil municipal? J'avais déjà fait cette remarque pour les élus de l'opposition qu'ils soient de gauche ou de droite.


LES DELIBERATIONS


A) Création d'une grande surface commerciale

Le sujet qui a mobilisé l'essentiel de la soirée est la délibération portant sur la cession de terrains municipaux situés entre SUN CHEMICAL et la RN3. Cette usine définitivement fermée, est incluse dans le périmètre de la ZAC "Vert Pays" définie par l'équipe municipale précédente. Les discussions ayant duré plusieurs heures, on pourrait résumer la situation ainsi:


Le contexte

L'usine SUN CHEMICAL, située entre l'école maternelle des Marlières et l'école primaire Paul Bert, est fermée depuis plusieurs années. Sa vétusté et sa spécificité industrielle ne lui permettent pas d'être réutilisée en l'état. La topographie de ces parcelles (y compris SUN CHEMICAL) presque au même niveau altimétrique que la RN3 et que la partie nord de Vaujours, fait de cette zone une passerelle idéale dans un projet d'aménagement destiné à relier harmonieusement les deux cotés de la ville, de part et d'autre de la voie expresse. Pour créer un rond-point sur la Nationale 3, il y a plusieurs conditions dont 2 incontournables:
* Obtenir le consentement du Conseil Général 93 propriétaire de la voie expresse.
* Obtenir les concours financiers nécessaires pour le financement du rond-point estimé entre 10 et 20 millions d'Euros (Conseil Général, Région, partenaires privés, etc.).
A ce jour, l'engagement du Conseil Général porte sur la création 2 bretelles de desserte sur le "Vert Pays" dans le cadre du projet ZAC.
Il "existerait" également une convention avec la région pour des aménagements aux abords de la voie expresse.

ZAC et PLU

Comme vous le savez, le nouveau Maire a immédiatement suspendu le projet du "Vert Pays", pourtant reconnu d'utilité publique, en préférant s'occuper de quelques réalisations qu'il jugeait prioritaires. Après 2 ans de mandat, une étude est enfin lancée pour l'élaboration d'un nouveau Plan Local D'urbanisme. Ce PLU doit définir le visage de Vaujours pour demain et les quelques décennies à venir, en prenant en compte tout un ensemble de besoins (qualité de vie, services à la population, développement durable, mixité sociale, transports, etc.). Ce travail perdu, à recommencer, doit durer presque 2 ans pour aboutir à un projet viable pour la ville, espérons-le sincèrement. Espérons-le d'autant que le maire a retenu le seul bureau d'étude ayant accepté de répondre à l'appel d'offres, les 14 autres ayant préféré décliner l'invitation après lecture du dossier. Relancer une consultation aurait fait perdre un peu de temps mais aurait permis de comparer, voir d'améliorer la demande. A choisir, j'aurai pris l'option de reconsulter.

Le Projet du Maire

Donc, l'objet de la discussion porte sur la vente de 3 terrains municipaux qui seront raccordés avec 2 terrains privés et l'emprise de SUN CHEMICAL. Cette délibération, loin d'être anodine, acte le principe de création d'un nouveau centre commercial "CASINO" à Vaujours, en lieu place de l'usine SUN CHEMICAL. En gros, il s'agirait d'une surface commerciale comprenant:

  • une surface de vente alimentaire de 2200m2
  • une galerie marchande de 1500m2 (environ 8 boutiques)
  • 220 places de parking
  • une station de service et d'essence

Pour l'occasion, le maire a invité des intervenants (CASINO, SOGRAM et l'architecte) pour une présentation, ainsi que pour des questions-réponses avec le public et les élus. Cette initiative était intéressante en terme de communication avec le public (la séance était "suspendue" quelques minutes pour la circonstance). La commission urbanisme avait pu échanger longuement sur le sujet quelques jours auparavant.

Les remarques sur le projet

De prime abord, les réactions semblent plutôt favorable à ce qui serait considéré comme une nouvelle commodité pour les Valjoviens ("et puis cette usine désaffectée..."). Mais à y regarder d'un peu plus près (c'est notre travail d'élus), il y a des points importants qui freinent, un peu:

1) les emprises foncières concernées font partie intégrante du périmètre définit dans la ZAC "vert pays", déclarée d'utilité publique. Peut-on construire autre chose dans le périmètre d'une ZAC sans la redéfinir en tant que telle ? Aura-t-on d'autres solutions pour raccorder le nord et le sud de la ville?

2) je ne suis pas "en charge" de défendre le projet de ZAC précédent, mais la création d'une nouvelle surface commerciale y était combinée à de nouveaux logements , donc de nouveaux débouchés. Ici, on créé de nouveaux commerces qui vont impacter le fragile tissu commerçant de la ville avant même l'arrivée de nouveaux habitants. Il suffit de se promener dans Vaujours pour voir les surfaces commerciales qui attendent preneur et celles qui ferment. On me parle de création d'emplois sur ce nouveau centre mais combien d'emplois sont menacés, entre la station BP et sur les petits commerces de la ville? Le représentant CASINO répond que les emplois créés seront réservé aux valjoviens; vraiment? On peut faire ça?

Commerces sur la rue de Meaux

La station service encaissera-t-elle le coup?                                 Ce commerce plus éloigné du Casino sentira-t-il la différence?

3) le projet ne prévoit pas de bretelle avec la RN3 (et pour cause). Le trafic d'approvisionnement et de consommation du centre commercial se fera intégralement par la route centrale de Vaujours (route de Meaux). M.Garnier et G.Guillard ont insisté sur la nécessité d'un diagnostic de "circulation" avant de se lancer sur un tel projet.

4) l'insertion d'une station service, entre une maternelle et une école primaire, est-elle pertinente?

5) présenter cette nouvelle surface commerciale comme le "centre de vie", il ne faut tout de même pas pousser le bouchon Monsieur Casino. Que les petites superettes de la marque apportent un service de qualité et de proximité, partout en France, est indéniable mais de là inverser les rôles, excusez du peu...

Dans la mesure ou l'on draine la même clientèle, ces locaux ont-ils espoir de trouver preneur? Qui s'y risquera?

Malgré tous ces points et faute de mieux, je ne suis pas résolument opposé à ce projet qui propose une solution au problème SUN CHEMICAL. Même si je déplore que l'on ne sache que proposer des centres commerciaux et des magasins, celà semble malheureusement correspondre à une certaine demande. Il conviendra d'être très attentif quant aux conséquences de cette implantation sur les conditions de vie des valjoviens (commerces, trafic, transports).

VOTE: ABSTENSION

B) acquisition d'appartements

Deux délibérations portaient sur l'acquisition de lots faisant partie d'un immeuble au 38/40 rue de Meaux. L'ensemble de ces biens est proposé au prix conseillé par les domaines au regard de la valeur foncière, plus-un-petit-quelque-chose (!). A ce jour, le Maire ne sait pas dire ce qu'il compte faire de ces biens et le montant à prévoir pour remédier à leur insalubrité (à rénover ou démolir selon l'état). Compte-tenu des montants pharaoniques pratiqués récemment dans les rénovations municipales et du manque de visibilité urbaine, avec Christine et Marc, nous avons préféré nous abstenir.

VOTE: ABSTENSION

C) itinéraires de promenade et randonnée à Vaujours

Le sujet concerne la définition d'une promenade dans Vaujours en prolongement d'un itinéraire départemental. Le cheminement proposé emprunte des passages insuffisamment protégés ou pouvant bénéficier d'un meilleur tracé. Toujours dans l'optique d'une politique urbaine responsable et concertée, nous ne soutenons pas ce projet en l'état.

VOTE: ABSTENSION


Merci de votre attention

José Da Silva

Conseiller Municipal


La convocation avec l'ordre du jour + les rapports de présentation

Avec le budget primitif voté par ligne

Le compte-rendu du conseil précédent (18/02/2010)

Même s'il est plus complet que la version "publique", il demeure une transcription assagie des débats

Les décisions prises par le maire depuis le dernier conseil municipal

En vertu des pouvoirs délégués, le maire prend des décisions dont il informe simplement le conseil municipal

 

Vers un grand centre?

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Je consacre davantage mon blog à l'actualité de Vaujours mais je ne rechigne pas à parler de politique, bien au contraire. Ci-dessous, deux partis, deux articles, une envie...

AFP Borloo

Pour ratisser large au premier tour, les centristes envisagent d’avoir un candidat. Morin y pense. Borloo aussi.

Il y pense souvent en se rasant… Convaincu que les déboires de François Bayrou sont durables et que la disparition du centre droit pose désormais un sérieux problème à la majorité présidentielle, Jean-Louis Borloo rêve de reprendre le flambeau centriste. 

Le président du Parti radical n’exclut plus d’être en 2012 le candidat d’une nouvelle famille sociaux-démocrates-écolos ressoudée. 

« Il regarde », concède son entourage. Encore hésitant, Borloo cogite : « Il y a toujours eu la droite plutôt bonapartiste, centralisatrice, assez classique et il y a toujours eu les Girondins, l’UDF, groupement des radicaux et sociaux-démocrates. D’une manière ou d’une autre, il faut regrouper ces centristes qui ne sont pas forcément d’accord pour une alliance très à gauche, plus des écologistes », a-t-il expliqué récemment. 

Le ministre de l’Ecologie consulte aussi : il a vu Jean-Pierre Raffarin, favorable lui aussi à l’éclosion d’un nouveau pôle de « démocratie apaisée » au centre. « Borloo serait une candidature de rassemblement de poids. Pour peser, il ne faut pas des phalanges ou des groupuscules, mais une armée ! » commente un proche de l’ancien Premier ministre. « Le problème des centristes aujourd’hui, c’est qu’ils n’ont pas de leader. Personne capable de dépasser 5 % », remarque de son côté le député UMP Marc Laffineur, proche de Raffarin. 

L’hypothèse Borloo, si elle se confirmait, ferait en tout cas éclater l’UMP. 

Beaucoup, depuis les régionales, veulent plus que jamais fédérer le puzzle centriste. A commencer par le Nouveau Centre d’Hervé Morin, qui, ce n’est plus un mystère, prépare sa candidature pour 2012. Il réunit justement aujourd’hui à Paris un conseil national à la recherche des « marqueurs politiques » d’une UDF rénovée. Lui aussi voit dans les dernières élections la démonstration que l’union de la droite ne suffira pas à Nicolas Sarkozy pour être réélu. Et il a déjà compris le danger Borloo. Le ministre de l’Ecologie, insiste-t-il, est également vice-président de l’UMP. « L’aventure centriste ne peut se vivre qu’en dehors du système » UMP, dit Morin, prêt à quitter le gouvernement pour mieux préparer sa candidature. 

Cette semaine, le nouveau secrétaire d’Etat à la Fonction publique et vice-président de l’UMP, Marc-Philippe Daubresse, s’est lui aussi proposé de raviver la fibre centriste. Reste à trouver celui qui opérera le miracle. 

Source : Le Parisien - Martine Chevalet - Le 10 avril 2010

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Conseil national du 10 avril : " nous avons besoin d'un candidat du centre-droit pour représenter nos valeurs "

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Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du Nouveau Centre, a défendu lors du conseil national samedi à Paris, l'idée d'une candidature du centre-droit en 2012 à côté de celle de l'UMP, "parce que deux candidats, ça n'a jamais empêché de gagner".

Dans un discours offensif en direction du grand partenaire de la majorité présidentielle, le député de Seine-Saint-Denis a prévenu que "l'UMP ferait bien de s'occuper de ce qui se passe à sa droite", en allusion au sursaut de Front national aux élections régionales, qui se sont soldées par une cuisante défaite des listes UMP-NC.

Voulant "tourner la page" de ce scrutin où "l'UMP était démobilisée et le Nouveau centre plutôt frétillant", Jean-Christophe Lagarde s'est tourné vers l'horizon 2012 pour défendre l'idée d'une candidature autonome pour "porter les valeurs du centre et du centre-droit".

"Pourquoi ne pas présenter un candidat du centre et du centre droit ? Il y en a toujours eu depuis 1965 parce que deux candidats, ça n'a jamais empêché de gagner", a-t-il déclaré.

Récusant l'idée que ce qui est de la "diversité à gauche" serait de la "division à droite", Jean-Christophe Lagarde a ajouté: "nous avons besoin d'un candidat pour représenter nos valeurs, besoin de redevenir nous-mêmes".

Dans une main tendue au patron des Radicaux, Jean-Louis Borloo, qui est aussi vice-président de l'UMP, le président exécutif du Nouveau Centre a déclaré: "Jean-Louis Borloo est bienvenu chez nous dès lors qu'il n'est plus chez eux (à l'UMP)". "Si les Radicaux veulent nous rejoindre, pourquoi pas, dès lors que c'est en dehors de l'UMP", a-t-il insisté.

Retrouvez cet article sur le blog de Jean-Christophe Lagarde.

 

Déficit et dette publique

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Il m'arrive assez souvent d'entendre une certaine confusion entre dette publique et déficit de l'état; ce n'est pas exactement la même chose. Ceux qui connaissent le sujet n'apprendront rien dans cet article. Les autres, je les invite à me suivre:

Il y a bien longtemps que les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes. Ainsi, le budget fait apparaître un déficit de l'état. L’accumulation de ces déficits au cours des années constitue la dette de l’Etat. Pour 2010, les ressources nettes du le budget général de l’Etat (ses recettes) sont de 169 Md€ et ses charges nettes (ses dépenses) de 322 Md€. Le solde du budget général est donc négatif : -153 Md€. C’est ce qu’on appelle le déficit budgétaire. Les charges d’intérêt de la dette représentent 42,9 Md€ en 2009, soit presque autant que le produit de l'impôt sur le revenu.

Pour financer son déficit, l'État doit emprunter de l'argent sur les marchés financiers, et donc, s'endetter. Comme un particulier ou une entreprise, l'État fait appel à l'ensemble des instruments disponibles sur les marchés financiers afin d'emprunter dans les meilleures conditions. L'endettement peut être nécessaire pour financer des investissements : éducation, recherche, infrastructures…

Le seul poids de la dette publique représentera 13 % des dépenses du budget de l'État en 2010 (soit 1489 Milliards d'Euros en 2009).

2009 a été une année particulièrement difficile avec la crise et les mesures de soutien qui ont plombé le déficit budgétaire et alourdi la dette de la France. Quand on annonce que le déficit de l'état représente 7,5% du PIB, cela parait "audible". Par contre, si on dit trivialement que l'état dépense le double de ce qu'il gagne, c'est beaucoup plus difficile à entendre. Pourtant on parle de la même réalité: la dette que nous laissons à nos enfants.

Il me semble important d'avoir toujours ces chiffres à l'esprit quand on parle de politique, que ce soit au niveau local ou national.

Le tableau, ci-dessous vous donne l'évolution avec le déficit de l'état dans la colonne de droite.




Ci-dessous, la destination des dépenses de l'état où l'on peut voir les parts importantes consacrées à la défense et au remboursement de la dette.

 

 

 

HIF8 - 1800-1804, le Consulat

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La confiance vient d'en bas, mais le pouvoir vient d'en haut"  (Sieyès)


Le coup d'état

1799, la Révolution s'essouffle, le Directoire ne parvient pas à faire face aux difficultés et les royalistes menacent de reprendre le pouvoir. Une coalition internationale qui regroupe l'Autriche, la Russie et l'Angleterre s'apprête à investir notre sol. Les Français sont fatigués et aspirent à retrouver une certaine quiètude. Le Directeur Sieyès sait que le moment est venu de chercher un "sabre" pour cueillir le fruit mur. En réalité, il s'agit surtout de sauver les restes de la révolution et de préserver les acquis des profiteurs. Son choix se porte sur ce Général Bonaparte tout auréolé de gloire militaire sur les sols d'Italie et d'Egypte. Le coup d'état est programmé pour le 18 Brumaire (10 novembre 1799). Le parlement est déplacé à Saint-Cloud sous prétexte d'un complot, en fait, dans la gueule du loup. L'objectif est d'introduire Bonaparte pendant la séance pour convaincre les "cinq-cents" qu'il est l'homme de la situation, l'homme providentiel. Bonaparte est d'une très grande intelligence mais un piètre orateur; il évite de justesse le lynchage par les députés, et ce, grâce à l'intervention de Murat et de ses grenadiers qui "foutent tout le monde dehors". Quelques députés qui n'ont pas couru assez vite, sont rattrapés et ramenés pour instituer un triumvirat de consuls (Bonaparte, Sieyès et Ducros remplacés rapidement par Cambacérès et Lebrun) en remplacement du Directoire. On imagine le peu de résistance des députés pendant cette séance improvisée. L'affaire est bouclée dans la journée; la révolution est terminée (même si de nombreux historiens se plaisent à dire qu'elle se termine réellement avec la saga napoléonienne).

Le Consulat

Une constitution (dite de l'AN VIII) va rapidement être mise au point par Sieyès-le-constitutionnel, sous l'influence de Bonaparte. A 30 ans, ce dernier se taille des institutions sur mesure où les 2 autres consuls sont relégués à des rôles consultatifs. Elle fixe la durée des mandats à 10 ans. Elle prévoit en outre les structures législatives et exécutives de la façon suivante (remplacer "Empereur" par "Consul") :

Le pouvoir est confié à trois consuls, mais il existe entre eux une hiérarchie. En fait, seul le Premier consul exerce vraiment le pouvoir présidentiel. Il promulgue les lois, nomme et révoque ministres, conseillers d'État, ambassadeurs, officiers... Assuré par le référendum de l'appui des Français, le Premier consul se met au travail, remarquablement conseillé par ses deux collègues, Cambacérès, pour les questions de Justice  et Lebrun pour les aspects financiers et économiques.

Pendant ces premières années, Bonaparte va manier les hommes et les institutions avec une extrême prudence et beaucoup d'habileté. Il ne connait que trop la fragilité de ce pouvoir qui n'a pas d'enracinement et encore moins de légitimité. Il va jusqu'à s'entourer d'hommes aux sensibilités différentes dans un objectif de réconciliation nationale. Son premier éclat sera la suppression rapide de la Loi des Otages qui permettait d'emprisonner les membres de la famille d'un émigré (la noblesse en fuite) allant jusqu'à décréter l'amnistie générale en 1802.

La vraie résistance de ses premières année viendra de la chouannerie dont il parviendra à obtenir une trêve, aidé par le clergé. Il se servira également de cette menace pour radicaliser progressivement son pouvoir.

Le Consulat hérite de quatre impôts directs du Directoire : un impôt foncier, un impôt mobilier, la patente, et l’impôt des portes et fenêtres. Bien que ces impôts existent, l’État a du mal à les faire rentrer. Dès 1802, le budget de la France est équilibré. En janvier 1800, la Banque de France est créée. C’est une banque privée avec le soutien du gouvernement. Elle assure aux finances de l’État des avances en attente de la rentrée des impôts ce qui renforce le crédit de l’État. Avec la réforme monétaire de 1803, elle obtient le monopole d’émission des billets. Le Franc germinal est fixé sur la valeur d’or en réserve que détient la Banque de France.

La loi du 17 février 1800 (Chaptal) porte sur l’administration locale. Le point le plus important de cette loi est la création des préfets. Elle conserve les départements hérités de la Révolution mais elle redécoupe les divisions intérieures. Les districts deviennent des arrondissements, la commune est définie et le canton créé. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu’une assemblée consultative (élue).

La justice est un des piliers du nouvel État qui devient de plus en plus autoritaire. Le Consulat ne remet cependant pas en cause l’égalité de tous devant la justice, qui est rendue au nom du peuple. Les juges sont élus par les citoyens et on y trouve également un jury populaire. En mars 1800, Bonaparte procède à une réforme judiciare qui fait en sorte qu’uniquement les juges de paix sont élus (causes mineures, ressort = canton). La justice repose désormais sur des magistrats professionnels, en principe inamovibles.

Dès son arrivée au pouvoir, Napoléon préfère s'appuyer sur la religion traditionnelle du catholicisme. Même si on peut douter de sa ferveur, l'histoire le prouvera, il sait qu'elle est un élément majeur de la stabilisation de la société de l'époque. Il négocie le concordat avec le Pape dans lequel il s'accorde le droit de nommer les évêques (investis par le Saint Père).

Dans son souci de l'ordre, c'est un militaire de carrière, il assoit son organisation sur la notabilité et la fortune des élite. Les listes de notabilité comprenant les plus riches (les 600 plus imposés de chaque département) serviront de bases à tous les strates du régime Napoléonien jusqu'à former, plus tard, la noblesse d'Empire.

En 1802, c'est à dire en moins de 2 ans, l'opposition est réduite à néant. Emprisonnement, bannissement, suppression du droit d'expression permettent d'écarter définitivement la menace Jacobine. Ironie du sort quand on sait que sa police est tenue par le sordide Fouché qui se chargera également de surveiller les Royalistes. La police prendra un véritable tournant sous ce régime. Il y aura quelques soubresauts d'opposition libérale sans réel effet. La presse libre est remplacée par une presse de propagande.

Plus techniquement, en 1802, Bonaparte prend en main les assemblées. Il est fondamentalement hostile au parlementarisme. Début 1802 il prend la décision d’épurer les assemblées. 1/5 des tribuns sont éliminés, dont Benjamin Constant. On fait entrer des députés fidèles au régime, comme p.ex. Lucien Bonaparte, le frère de Napoléon. Cette épuration contribue à amoindrir l’opposition politique et est accentuée par un nouveau règlement pour le Tribunat. Le Tribunat est divisé en trois sections et ne siège plus en séance plénière. Il devient une simple assemblée technique et le débat public cesse.

Consulat à vie

L'oeuvre du consulat est si considérable et populaire qu'elle permet d'obtenir un plébiscite pour accorder le consulat à vie à Napoléon ( 3 500 000 "oui" contre 8000 "non).

Le sénatus-consulte organique du 16 thermidor an X, dit constitution de l’an X, est une réorganisation partielle du Consulat qui fait suite à la proclamation le 2 août du consulat à vie en faveur de Bonaparte (après acceptation populaire par plébiscite). Les pouvoirs de Bonaparte en sortent renforcés, la voie vers le despotisme impérial est ouverte :

  • Le Sénat conservateur voit ses pouvoirs augmentés au détriment du Corps législatif et du Tribunat : il peut ainsi modifier la Constitution et prendre des mesures exceptionnelles (dissolution Tribunat ou Corps législatif). Mais, il est en contrepartie soumis plus fortement à Bonaparte qui peut nommer de nouveaux membres au Sénat.
  • Il a le droit de grâce
  • Il peut signer seul les traités
  • Le suffrage universel est partiellement abandonné au profit du suffrage censitaire.

 

Un attentat contre le Consul à vie, lui permettra d'obtenir un nouveau plébiscite  ( 3 500 000 "oui" contre 2500 "non) pour le désigner Empereur des Français. Le Consulat à vie s’achève le 18 mai 1804 par la proclamation de l’Empire.

A propos du Code Civil

Egalement appelé Code Napoléon, on comprend bien qu'il ne sort pas du seul esprit du 1er Consul. Les travaux avaient commencé sous la Convention avec, entre autres, Cambacérès. Bonaparte déjà soucieux de sa postérité et grand impatient qu'il est (ça vous rappelle quelqu'un?), monte une commission de grands spécialistes pour obtenir en quelques mois les premières épreuves. Dans les nombreuses séances de lecture (tribunaux, conseil d'état, etc.) un homme montre une extraordinaire faculté à aller à l'essentiel, à trouver "le grain des choses, sous la paille des mots", cet homme est le futur Empereur des français. S'il aura fallut attendre 1804 pour voir le Code Civil voté, c'est que le projet rencontra quelques oppositions tant que les institutions avaient un semblant de fonctionnement librement. Touchant au coeur de la personne et la famille, il fixe les grands principes de la propriété et du droit successoral, entérinant au passage les acquis de la révolution. Plus qu'un code épris de justice et d'égalité, il s'agit d'un code conservateur, traditionaliste et bourgeois.

 

Grenelle II : un test pour Jean-Louis Borloo

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«Je préfère la tempête au calme plat.» L'observateur avisé du Grenelle de l'environnement, qui prononce cette phrase, a de quoi être comblé. Depuis quelques jours, les questions d'environnement sont dans l'œil du cyclone. Et c'est la taxe carbone qui a cristallisé le ras-le-bol de la majorité. Muette depuis son recadrage du chef de l'État, le secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno est sortie hier de son silence. «Maintenant, il faut avancer, se retrousser les manches. Le désespoir ne peut être que provisoire et temporaire», a déclaré celle qui la semaine dernière s'était dite «désespérée» du report sine die de la taxe.

Son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, et elle-même vont devoir effectivement faire face. Car le Grenelle II de l'environnement est à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale à partir du 4 mai. Ce texte est en fait la transcription des grandes orientations de la loi Grenelle I adoptée à la quasi-unanimité, à l'automne 2008. Il est pour l'heure discuté en commission. «Les parlementaires y travaillent d'arrache-pied», explique-t-on dans l'entourage du ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo. Pourtant l'impression domine que l'écologie est à nouveau passée au second plan. Chômage, désindustrialisation, remontée du vote FN sont redevenus les premiers sujets de préoccupation. Y compris à l'Élysée. Pour autant, «il n'est pas question de reculer sur le Grenelle. Le président est même proactif sur ce dossier», souligne-t-on à l'Élysée.

Débats moins consensuels ?

Dans la majorité, en revanche, certains parient sur des débats beaucoup plus nourris et bien moins consensuels que sur le Grenelle  I. «Il ne faudrait pas que l'inconfort actuel sur la taxe carbone étouffe les débats qu'il pourrait y avoir sur le Grenelle II», prévient le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton. De son côté, Jean-Louis Borloo est imperturbable : «C'est à chaque fois la même petite musique. Rappelez-vous ce que l'on disait sur la loi Grenelle I quand certains expliquaient que la gestion de la crise était la priorité.» Le ministre ajoute : «La droite est au contraire très offensive. L'examen de la loi Grenelle II, en commission, est en cours. Avez-vous entendu parler d'un seul problème ?»

En cas de problème, le soutien de l'Élysée ne sera peut-être pas aussi fort qu'il l'a été naguère. Après avoir été en première ligne sur les dossiers écologiques, après avoir signé le pacte de Nicolas Hulot en 2007 et reçu Cécile Duflot à l'Élysée au moment des élections européennes, le chef de l'État est soucieux d'apaiser la majorité. Or l'examen en séance du Grenelle II pourrait susciter des crispations sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture ou le respect de la biodiversité confronté aux projets de grandes infrastructures. Le rapport sur les éoliennes que vient de remettre Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, en est l'illustration.

Alors même que la loi Grenelle I prévoit que l'énergie éolienne doit représenter 10% des énergies renouvelables à l'horizon 2020 contre seulement 2% actuellement, le rapport parlementaire propose de rendre encore plus contraignante la législation sur les installations de ces grands moulins à vent. «Nous sommes en contact permanent avec les parlementaires», faisait valoir hier le ministère du Développement durable.

 


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