Démocratie à Vaujours

José Da Silva - conseiller municipal du centre droit

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Régionales 2010: était-ce bien nécessaire?

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D'un coté, un candidat PS aux régionales d'IDF, pas très expansif sur son CV et, de l'autre, des vieilles recettes de Barbouze pour le contrer. Si des informations sur le "passé" d'Ali Soumaré étaient connues depuis 2009, les dégainer à quelques jours des élections est d'un calcul très douteux...si tant est qu'elles avaient leur place dans le débat. Qu'en penseront les électeurs du Val d'Oise, le 14 mars prochain?




L'UMP:

Alors que l'affaire Ali Soumaré embarrasse les ténors de l'UMP et même l'Elysée, Valérie Pécresse a "condamné" mardi soir l'initiative du maire UMP de Franconville (Val d'Oise), Francis Delattre, qui a accusé vendredi le candidat PS d'être un "délinquant multirécidiviste". Cette volte-face de Valérie Pécresse survient après que la procureure de Pontoise a assuré mardi après-midi que sur les cinq accusations du parti majoritaire contre la tête de liste PS dans le Val d'Oise aux régionales, deux sont fausses. Selon des informations du Monde, elle aurait été au courant que Francis Delattre allait lancer une offensive en rappelant le passé judiciaire d'Ali Soumaré et aurait même "donné son accord". Par ailleurs, l'affaire était préparée de longue date, selon RTL (fin 2009).

A l'UMP, l'affaire fait des vagues... Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, s'en est pris à Valérie Pécresse mardi soir: Cette polémique "me donne l'impression d'une campagne amateur, qu'il n'y a pas de patronne [référence à la tête de liste en Ile-de-France, Valérie Pécresse, ndlr], qu'on a déjà perdu", a-t-il déclaré. Pour lui, cette polémique autour d'Ali Soumaré, c'est "une redoutable erreur", "une bêtise".

Article original


Fadela Amara défend Ali Soumaré:

La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a dénoncé mercredi 23/02 les "dérives" et "dérapages" d'une campagne "puante". "Je pense que là pour le coup, on est dans des dérives et des dérapages qui sont pas bons en réalité pour la vie politique", a-t-elle jugé sur TV5 Monde.

"Cette campagne est un peu, allez, puante. Quand on a ce type de dérive qui arrive et des dérapages, surtout que c'est derrière le débat sur l'identité nationale, donc voilà, c'est pas bon, c'est pas bon pour la démocratie, c'est pas bon pour les élections, ça fait pas honneur à la v ie politique", a jugé Mme Amara. "C'est pas la France que j'aime, voilà. Il faut qu'on arrive à un moment donné à regarder l'intelligence et la qualité des êtres humains et qu'on arrête de regarder certains individus sur leur couleur de peau et surtout d'ethniciser les débats politiques, ça suffit quoi".

Article original




Le point de vue juridique:

Les campagnes électorales, c’est comme la campagne tout court. On se dit que c’est la nature, de la République dans le premier cas, que l’air y est sain et pur, mais une fois qu’on y est...

Illustration nous en est fournie dans le Val d’Oise où un candidat de l’UMP, Francis Delattre, maire de Franconville, soulève que son adversaire PS Ali Soumaré serait un « délinquant multirécidiviste », invoquant à l’appui de cette affirmation plusieurs condamnations complaisamment relayées par le Figaro :
-En 1999, six mois de prison pour vol avec violences (j’ignore s’il y avait ou non du sursis, mais c’est probable).
-En 2007, 80h de travail d’intérêt général pour un autre vol avec violences et usage d’une carte de paiement contrefaite.
-En 2009, deux mois fermes pour rébellion semble-t-il, le Figaro n’étant pas clair sur ce point. -Enfin, le 16 février dernier, une ordonnance pénale l’a condamné pour conduite malgré annulation du permis.

Le PS semble soulever comme défense non pas que ces faits seraient faux mais que l’UMP ne devrait pas le savoir.

Comme à chaque fois que le droit fait irruption dans le débat public et (...) je me dois de vous apporter quelques lumières. Je prendrai comme hypothèse que ces condamnations sont vraies, pour en rester aux seules questions juridiques.

Tout d’abord, sur l’affirmation selon laquelle monsieur Soumaré serait un « délinquant multirécidiviste » lancée par Francis Delattre. Elle est totalement fausse.

La récidive suppose la réitération d’une même infraction ou d’une infraction que la loi assimile à la première (vol, extorsion, chantage, escroquerie et abus de confiance sont ainsi assimilées au regard de la récidive, art. 132-16 du code pénal). La multi-récidive suppose donc à tout le moins deux condamnations en récidive.

Ici, nous avons deux condamnations pour des mêmes faits. Donc au pire, une récidive, mais certainement pas une multi-récidive.

(...)

Il existe un chemin tout à fait légal pour se procurer les preuves du passé pénal d’une personne. À condition d’être bien renseigné.

En effet, les jugements pénaux sont publics, et délivrés gratuitement à qui en fait la demande : art. R. 156 du CPP. C’est une application du principe de publicité des débats. Il suffisait à Francis Delattre de demander au greffe de la juridiction ayant prononcé le jugement une copie de ce jugement en précisant le nom du prévenu et la date du jugement et le tour était joué.

La seule question qui se pose est : comment a-t-il eu connaissance de ces condamnations, surtout d’une vieille de 11 ans ? Mais là, nous quittons le domaine du droit pour entrer dans celui de l’enquête journalistique. Car en ce qui concerne la dernière, datée du 16 février dernier seulement, qui a probablement mis la puce à l’oreille du candidat UMP, il y a sans nul doute une anomalie, qui relève probablement du pénal. En effet, une ordonnance pénale n’est pas rendue publiquement mais notifiée par courrier au condamné qui a 45 jours pour faire opposition. Ce n’est qu’à l’expiration de ce délai qu’elle devient définitive et donc publique (art. R. 156 du CPP), et on en est loin (le délai expire au plus tôt le 5 avril 2010). Il y a eu nécessairement une fuite, et si elle provient du tribunal de Pontoise (et je vois mal d’où elle pourrait venir sinon), c’est une violation du secret professionnel, et un recel si Francis Delattre en a bénéficié en connaissance de cause. Et mon côté psychorigide me pousse à dire que violer la loi pour pouvoir accuser autrui d’avoir violé la loi n’est guère un exemple républicain.

Article original

 

Conseil municipal du 18 février 2010

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MAJ:20/02/2010

Décidément, les conseils municipaux se suivent et ne se ressemblent pas. Après le décevant débat d'orientation budgétaire du mois dernier, nous avons eu le droit à une séance plus sérieuse avec des échanges tournés vers l'avenir de Vaujours. En s'exprimant plus souvent, le groupe socialiste a participé à une pluralité nécessaire et saine pour la démocratie locale. La présence massive de cadres administratifs derrière la tribune (direction des services, direction des finances, direction de la SAIEM, direction technique et gestion des association) peut s'expliquer par l'importance du vote du budgétaire annuel (appelé budget primitif). Leurs interventions, en soutien du maire ou à la place de l'adjointe aux finances, ont permis d'obtenir des réponses plus rapides et techniques.

Compte-tenu de la durée des débats (5 heures), je vous propose un résumé des principaux points en 3 chapitres:

1) l'autonomie financière de Vaujours
2) le vote du budget
3) quelques délibérations votées

1) l'autonomie financière de Vaujours
La suppression de la taxe professionnelle est entrée en application cette année. Elle concerne directement l'autonomie fiscale de Vaujours et sa capacité d'investissement. Mes questions sur ce sujet en séance:

"Pour cette année, le produit de la TP est voté à 6 446 336€. Comme vous le savez, cette taxe est remplacée par une contribution économique territoriale et un panier de ressources transférées (entre état et collectivités). Donc, en 2010 l'état perçoit le produit des nouveaux impôts et nous verse une compensation à "Euro près" sur les bases de 2010.  Si l'on regarde les simulations financières transmises par les services de l'état, à partir des bases 2008, la TP  qui représente 74% de nos contributions locales n'en représenterait plus que 31% dans sa nouvelle forme.  C'est-à-dire que de 3 500 000€ de TP on passe à 500 000€ de contribution sur la valeur ajoutée + 1 000 000€ de contribution foncière, le reste étant compensé en partie par la part départementale transférée de la taxe d'habitation, par de la dotation d'état et surtout par un fond national de garantie. Il y quelques mois, Monsieur Guillard vous parlait à juste titre de « géant aux pieds d’argile ». Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration différente avec de nouvelles dépendances financières qui pourraient à terme se répercuter sur les ménages. J’ai donc 2 questions :

Combien de temps l’état garantira-t-il les ressources de Vaujours sur la base actuelle ?
Réponse (simplifiée): l'état s'est engagé (loi de finances) à conserver le niveau de ressources sur la base actuelle pendant 19 ans.
Mon commentaire: sachant que ces recettes fiscales ont augmenté de 30% en 2010, notamment par la taxe professionnelle, il y aurait de quoi se réjouir au premier abord mais...

En se basant sur les données 2010, quelle serait la répartition entre les ressources locales et les ressources nationales ? Si cette question vous demande un peu de préparation, pourriez informer le conseil municipal à la prochaine séance."
Réponse (simplifiée): actuellement, nous ne sommes pas en mesure de projeter cette répartition malgré nos contacts avec Placoplâtre.
Mon commentaire: à partir du moment ou notre principal générateur fiscal, solidement implanté sur notre territoire, baisse de 74% à 30% sa contribution, il y a lieu de se préoccuper des autres ressources fiscales. Pour ne pas augmenter les taxes foncières et d'habitation à Vaujours, je prends peu de risques en avançant que l'état devra garantir une dotation annuelle supérieure à 3 millions d'Euros (répartie entre le fond national de garantie des collectivités et la dotation directe). Bien sûr, il s'agit d'un grand chantier politique qui vise à relancer les investissements en France mais il faut garder à l'esprit que le balancier pourrait bien retomber sur les ménages. Chaque Euro doit être dépensé avec considération pour le contribuable.

2) le vote du budget primitif
Le budget primitif (BP) a pour but de définir les moyens financiers de la ville pour l'année courante. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un budget don t ne seront pas forcément utilisés tous les crédits. Il y a plusieurs raisons qui rendent cet exercice difficile pour les élus d'opposition:
a) Le compte administratif (CA) qui permet d'analyser l'exercice précédent n'est pas disponible au moment du budget primitif. Donc, les élus votent le BP2010 en s'appuyant sur le CA de l'exercice 2008 et en essayant de deviner les engagements réels du BP2009.
b) Que signifie M14? Ce n'est ni un fusil d'assaut américain, ni un pas de vis européen. Il s'agit d'une instruction budgétaire et comptable traduite sur un document remis au conseil municipal pour le vote du budget. Elle est complexe et assez peu lisible dans certaines parties. A moins de s'enfermer un WE avec la comptable, pour éplucher les titres et factures, il est difficile de suivre certaines dépenses. Les chapitres liés au fonctionnement restent les plus accessibles.
c) A réception du BP, il reste 5 jours aux élus pour préparer le conseil municipal dans les conditions évoquées plus haut.

Il y a des efforts à faire en matière de transparence. Communiquer avec le public est une bonne chose mais le faire avec ses représentants l'est également.

Ci-dessous, quelques uns des votes (montants sont joints à la convocation en bas d'article). Avant de les parcourir, je rappelle que la population a augmenté de 6% depuis 2007.

Section fonctionnement - dépenses
11 - dépenses générales - abstention - augmentation de 15% en 2 ans - (fournitures scolaires en baisse de 18%)
12 - charges de personnel - abstention - augmentation de 12% en 2 ans
14 - attenuation de produits - abstention - intègre les 102k€ de "pénalité SRU"
65 - autres charges de gestion - abstention - augmentation importante en partie par le doublement de subvention au CCAS en 2009 (de 140 à 300k€)


Section fonctionnement - recettes
76 - produits financiers - contre - il s'agit des revenus de valeurs mobilières qui sont passés de 60 000 à 1000€. Derrière ces chiffres, il y avait 2,3 millions d'Euros placés(15 millions de Francs) permettant une trésorerie de 80 jours. Le Maire répond "que cet argent a été investi dans la ville et qu'il valait mieux utiliser ce fond de roulement plutôt que d'emprunter" alors que les spécialistes s'accordent sur une trésorerie de 20 jours. D'autre part, il eut été convenable d'informer clairement le conseil municipal de l'état des fonds de la ville, en le faisant apparaitre dans le rapport budgétaire comme de nombreuses communes.

Section investissement - dépenses

Section investissement - recettes
16 - emprunts - contre - non satisfait d'avoir un excédent de fonctionnement de 2 300 000€ qu'il reporte en investissement, le maire voudrait aussi ouvrir un budget de 2 500 000€ en emprunt. Même s'il le présente comme une possibilité d'investissement supplémentaire, il indique vouloir budgéter ce montant sans nécessairement y recourir. Plusieurs raisons nous amènent à voter contre ce chèque en blanc:
a) pas de réelle visibilité sur le programme d'investissement
b) délégation de signature accordée au maire par sa majorité (5 millions d'Euros) avec effet d'écarter la commission d'appel d'offre à plusieurs reprises.
c) le maire a cité à plusieurs reprise la surcharge de travail des services techniques

3) Quelques délibérations

Subvention au CCAS
abstention - nous ne sommes pas à la commission du CCAS et n'avons pas eu de rapport d'activité. Nous n'avons rien contre le CCAS (bien au contraire) mais nous ne pouvons pas voter un budget sans un minimum de données.

Subvention aux associations
POUR - j'ai eu accès au dossiers de subvention dont le niveau d'information est assez variable. Les reconductions sont plutôt de type "tacites" avec une légère revalorisation.
A noter que le Maire a encouragé les 2 associations de tir à l'Arc de Vaujours à se regrouper.
M. Coste, précise que ces 2 associations ne pratiquent pas vraiment la même discipline.

Convention d'intervention foncière
CONTRE - ce montage (ou opération) a pour finalité la création d'un ensemble immobilier de logements sociaux. Avec beaucoup de clairvoyance, Marc Garnier a expliqué à l'assemblée les inconvénients du projet présenté par le Maire-Adjoint à l'urbanisme. Le principe de regrouper ces 32 logements dans une impasse face au cimetière, à l'extrémité de la ville revient à trahir l'esprit de la loi SRU et du besoin d'une vraie mixité sociale à l'échelle de la ville. Que le Maire ou certains élus puissent vouloir répondre rapidement à une demande de logement se comprend, mais est-ce vraiment rendre service, aux uns et aux autres, de le faire trop vite alors que s'engagent des études pour le PLU destiné à repenser la ville? Le maire a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un "pré-projet". Bien entendu, les partenaires "pré-ssentis" de cette convention auront intérêt à bien se comprendre sur leurs intentions.

BMX
POUR - avons voté pour au motif d'encourager les jeunes à se dépasser sportivement.

Trophé 4L
CONTRE - nous aurions aimer soutenir ces 2 jeunes valjoviens qui se démènent avec courage pour leur aventure mais s'agit-il vraiment d'un projet altruiste? 6000kms de voiture pour 50kgs de fourniture, nous pensons qu'il y a des canaux humanitaires bien plus efficaces pour acheminer cette aide. Même si on est encore assez loin du Paris-Dakar et de son saupoudrage démagogique, le bilan environnemental est très discutable à l'heure où notre ville s'est dotée d'une charte environnementale...


La convocation avec l'ordre du jour

Avec le budget primitif voté par ligne

Le compte-rendu du conseil précédent (28/01/2010)

Même s'il est plus complet que la version "publique", il demeure une transcription assagie des débats

Les décisions prises par le maire depuis le dernier conseil municipal

En vertu des pouvoirs délégués, le maire prend des décisions dont il informe simplement le conseil municipal

 

Régionales 2010: "Jean-Louis Borloo se dit bien servi"

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Borloo

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et président du Parti radical, se montre ravi de la progression de ses amis en place éligible sur les listes régionales de l’UMP
« C’est comme la pêche au thon ! On a optimisé les quotas », lançait-il hier au sortir d’un bureau national de son parti à l’Assemblée. « La vie est belle ! Je suis en pleine forme», a -t-il répété devant ses amis, ajoutant à propos du scrutin des 14 et 21 mars : « Je ne vois pas de vague rose, seulement des régions moroses. »

Les radicaux espèrent entre 37 et 44 élus
En 2004, les radicaux avaient fait élire 17 conseillers régionaux. Cette fois, le parti dont le secrétaire général Laurent Hénart est lui-même tête de liste en Lorraine en espèreentre 37 et 44.
Borloo, qui va se déplacer pour faire campagne dans une quinzaine de départements, à commencer par le sien dans le Pas-de-Calais, songe déjà aux cantonales, où il veut renforcer aussi la présence radicale
Yves Jégo a par ailleurs été élu à l’unanimité du bureau national vice-président du Parti radical. L’ancien ministre de l’Outremer et député-maire de Montereau (Seine-et-Marne) sera notamment chargé de rédiger le « manifeste radical », futur socle des propositions radicales pour les échéances de 2012, présidentielle et législatives.

 

Credit-defaut swap, cette monstruosité spéculative...

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Vous avez surement entendu parler d'attaques monétaires contre la Grèce et, plus généralement, contre la zone Euro.  Le credit-defaut swap (CDS) n'a de nouveau que le fait de se révéler au grand public (en pleine digestion des subprimes). Quelle est donc cette monstruosité?

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Le credit-defaut swap
Apparu dans les années 90, un marché complexe de transfert des risques s'est constitué autour des crédits aux entreprises et aux états. Ces contrats de protection contre les faillites reflètent l’estimation par les investisseurs du risque de défaut d’une société et sont transformés en titres de propriété cotés sur le marché financier. Une sorte de pari sur le risque d’autres parieurs. Concrètement le CDS met en présence un vendeur de protection et un acheteur, qui verse une prime au vendeur pour s’assurer contre la baisse de valeur d’un actif. La durée de ces contrats est de 3, 5, 7 ou 10 ans. Si jusqu’à l’échéance d’un CDS aucun incident n’intervient, le vendeur de protection aura encaissé les primes. Mais dans le cas contraire, il devra indemniser l’acheteur de protection des pertes subies selon les modalités prévues dans le contrat. Il s’agit d’une transaction non-financée : sans obligation pour le vendeur de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction. Celui-ci reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital. Depuis près de 10 ans, la dérégulation du crédit via les CDS a facilité la spéculation et la décorrélation des cours financiers avec l’économie réelle. En effet, la titrisation (ça vous rappelle quelque chose?) des CDS défausse le vendeur de toute responsabilité dès la vente de ses titres contrairement aux emprunts obligataires. On imagine la bombe à retardement que représentent ces 60000Mds $ d'encours...

La dette de la Grèce:
Pour les marchés, la dette est un « produit financier » comme un autre. Elle a un prix défini par une offre et une demande. Comme pour le baril de pétrole ou une action en Bourse. Dans le paragraphe précédent, on devine que le CDS est également un outil incitatif qui va permettre à un acheteur potentiel d'acquérir des obligations (prêter de l'argent, donc) avec une assurance qui doit couvrir la défaillance de l'emprunteur. Pour simplifier à l'extrême:
1) le prêteur recherche les obligations (emprunts d'état) qui offrent un bon rendement ainsi qu'un assureur (par les CDS) qui va lui garantir le remboursement.
2) l'état qui émet les obligations, a besoin d'emprunter au taux le plus bas possible pour ne pas alourdir ses remboursements et sa dette.
3) l'assureur ajuste le montant des primes à verser par le prêteur en fonction du risque (disons la solvabilité du prêteur).
3) les agences de notation se proposent d'aider se petit monde en notant les emprunteurs.

Donc, si la Grèce se retrouve classée comme "payeur en difficulté", c'est à dire mal notée, les valeurs des CDS vont monter pour couvrir le risque. L'emprunteur va devoir augmenter le taux de ses obligations et s'endett er davantage pour attirer les prêteurs hésitants sur le risque et le montant des assurances, etc. Quand on lit que la Grèce est plus mal notée que le Maroc (4x) et qu e le Liban (2X) avec plusieurs pays de la zone Euro dans le même cas, on peut commencer à se poser des questions.

Les agences de notation:
Trois agences de notation, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, distribuent des notes à la terre entière. Leur rôle est d’évaluer la capacité des emprunteurs à rembourser leurs dettes. Aucun produit financier ne leur échappe : aussi bien les obligation émises par Nestlé que les produits structurés montés par les banques, de même que que les fonds levés par les États. Leurs alertes sur les dettes publiques sont en train de faire tomber la Grèce et vaciller le Portugal et l’Espagne. On peut s’interroger sur leur rôle de déclencheur de panique ou d’amplificateur de la crise, d’autant que ce sont ces mêmes agences qui ont construit la bombe des subprimes à l’origine de la crise financière en 2008.

Les intrigues politico-financières vont bon train entre de possibles attaques outre-atlantique ou, mieux, des manoeuvres Européennes visant à établir un gouvernement économique des 27 pays de la zone (avec la création d'un impôt).

Sources:
http://www.nouveleconomiste.fr
http://www.liberation.fr/
http://www.mecanopolis.org
divers
 

HIF 3 - 1789-1791, l'Assemblée Nationale Constituante

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"L'homme est né libre et, partout il est dans fers",

C'est à coup de maximes du "contrat social de Rousseau" que la nouvelle assemblée nationale va engager son oeuvre dont la pierre angulaire restera la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Il est intéressant de se rappeler que des les premiers mois s'est posée la question d'une "chambre haute". Le 10 septembre 1789, une majorité écrasante vote pour une chambre unique au risque d'y perdre en maturité et en réflexion. Tant pis si les américains, eux, l'ont déjà compris; pas question de reformer une nouvelle aristocratie. Alors que les ministres anglais font partie du débat dans leur parlement, ici, pas question de voir ces représentants de l'exécutif à l'assemblée nationale. L'idée qu'ils puissent influencer par leur seule présence ces nouveaux députés est insupportable. Un méfiance viscérale envers les ministres qui rendra difficile la mise en place d' un exécutif (dont on verra les effets par la suite). Cette assemblée parlementaire allait oeuvrer fébrilement pour amener la France vers sa première monarchie constitutionnelle. Rappel des principales réformes du 9 juillet 1789 au 30 septembre 1789:


La mort de Mirabeau et la constitution du clergé civil accéléreront la fuite programmée du Roi de France qui sent bien que les événements lui échappent. Son arrestation à Varennes et son retour dans un silence de mort fragiliseront d'emblée la constitution naissante, en favorisant le républicanisme.


Ci-dessous, un extrait Wikipedia:

L'Assemblée comptait près de 1 200 députés et siège du 9 juillet 1789 au 30 septembre 1789, d'abord à Versailles, puis après les journées des 5 et 6 octobre 1789, au cours desquels, l'Assemblée obtient du Roi la signature des premiers articles de la constitution et de la déclaration des droits, (les Parisiens ramènent Louis XVI et la famille royale au palais des Tuileries à Paris), dans le Manège des Tuileries à Paris.

Parmi les députés réunis quotidiennement, trois grandes tendances, assez mouvantes, finissent par se dessiner : les monarchistes, les constitutionnels (les plus nombreux) et les patriotes radicaux encore très minoritaires.

Les débats de l'Assemblée sont publiés par Le Moniteur universel. Après l'abolition de la féodalité dans la nuit du 4 août 1789 et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789), l'Assemblée vote dès la fin de l'année les grands principes de la Constitution de 1791 qui, sur la base de la souveraineté nationale et de la séparation des pouvoirs, organise la limitation du pouvoir royal et l'exclusion du peuple des décisions politiques.

Les réformes

En dehors de son œuvre constitutionnelle, l'Assemblée procède à des réformes fondamentales touchant à :

  • l'administration : uniformité et centralisation par la création de 83 départements ;
  • la justice
    • égalité devant la loi,
    • suppression des parlements,
    • élections des juges,
    • confirmation de l’abolition de la torture (depuis 1780 et 1788) ;
    • réforme du système judiciaire en divisant ordre administratif et ordre judiciaire (Loi des 16 et 24 août 1790 sur la dualité des ordres de juridiction)
  • les finances
    • égalité devant l'impôt,
    • suppression des impôts indirects,
    • nationalisation des biens du clergé gagés par les assignats ;
  • l'économie
    • suppression des douanes intérieures, des péages,
    • suppression des corporations (décret d'Allarde),
    • décisions favorisant le libéralisme économique

La Constituante adopte encore d'autres mesures :

  • Elle sécularise l'état civil confié à des officiers municipaux,
  • Elle institue le mariage civil,
  • Elle admet le divorce et supprime le droit d'aînesse.

Sur les questions religieuses, l'Assemblée constituante adopte les mesures suivantes :

  • Elle abolit les lois restrictives à l'égard des protestants,
  • Elle accorde la citoyenneté aux juifs,
  • Elle abolit les vœux monastiques, et supprime les ordres réguliers hors éducation et œuvres de charité (13 février 1790),
  • Elle adopte la Constitution civile du clergé (12 juillet 1790).

Elle vote la première Constitution du 3 au 13 septembre 1791. Fondée sur le principe de la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs, elle institua en France une monarchie constitutionnelle. Le 13 septembre, le roi l'accepte.

Le pouvoir exécutif était exercé par le roi des Français, Louis XVI choisissait ses ministres qui n’étaient pas responsables devant l’Assemblée, dirigeait la politique extérieure et pouvait malgré le principe de la séparation des pouvoirs donner ou refuser sa sanction aux lois (veto suspensif 4 ans au plus). Le pouvoir législatif était exercé par l’Assemblée unique, élue pour deux ans au suffrage censitaire. Celle-ci avait l'initiative et le vote des lois, établissant et contrôlant l’impôt, décidant de la guerre et de la paix et se réunissait d’elle-même sans convocation. L’indépendance du pouvoir judiciaire était assurée par l’élection des magistrats.

L'Assemblée constituante se sépara le 30 septembre 1791, et fut immédiatement r emplacée par l'Assemblée législative. Les personnages qui eurent le plus d'influence dans cette assemblée sont Mirabeau, Barnave, Cazalès, Maury Duport, Lafayette, les Lameth, etc.

Le sort de la constitution

Rédigée au profit des citoyens les plus aisés, et prévue pour dix ans, cette Constitution ne survécut pas à l’insurrection du 10 août 1792. Les difficultés depuis la grande fraternité manifestée lors de la fête de la Fédération (14 juillet 1790), se sont en effet accumulées :

  • la Constitution de 1791 a déjà été remise en question par la fuite de la famille royale et son arrestation à Varennes (juin 1791),
  • la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet 1791) a définitivement séparé les modérés (les Feuillants) des Jacobins,
  • les puissances d'Europe s'inquiétaient du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » proclamé par la France révolutionnaire
 


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