Démocratie à Vaujours

José Da Silva - conseiller municipal du centre droit

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HIF 2 - sept 1789, premières forces en présence

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Devant les difficultés économiques du royaume, le Roi de France convoque les états généraux en 1788. Plusieurs mois sont nécessaires pour organiser les élections des représentants qui siègeront à Versailles. Lors de la séance d'ouverture du 5 mai 1789, la question du droit de vote du tiers état reste sans réponse (votera-t-on par ordre ou par tête?). La révolution a commencé et le tiers état se proclame assemblée nationale le 17 juin...


20 juin 1789 - "Serment du Jeu de Paume" dont les majuscules rappellent la solennité de l'événement. Les député jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France.

23 juin 1789 - Fameuse séance royale que le roi abrège par: "Je vous ordonne, Messieurs, de vous séparer tout de suite et de vous rendre demain matin chacun dans les chambres affectées à votre ordre pour y reprendre vos séances"; Les députés stupéfaits restent silencieux et immobile s pendant plus d'une heure, jusqu'au moment où sommés de quitter la salle, le président du tiers "Bailly" (qui sera décapité quelques mois plus tard) répond que la "La Nation assemblée ne peut recevoir d'ordre" et Mirabeau, d'après la légende, dit "Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnette". Une partie du clergé et une cinquantaine de nobles se joignent au mouvement.

27 juin 1789 - le roi cède et se résigne à inviter les députés de la noblesse et du clergé à se joindre au tiers. L’Assemblée reprend alors immédiatement sa marche en avant

14 juillet 1789 - Symbole (imaginaire) de l'arbitraire et de l'autorité royale, la Bastille est prise par les émeutiers parisiens en effervescence depuis plusieurs semaines.

17 juillet 1789 - La démolition de la Bastille a commencé et le roi se rend à Paris pour reconnaitre la nouvelle autorité. À cette occasion, le nouveau Maire lui remet la cocarde bleue et rouge aux couleurs de la ville de Paris que Louis XVI fixe sur son chapeau, associant ainsi ces couleurs au blanc de la monarchie. Ce geste paraît sceller la réconciliation de Paris et de son roi. Dans les faits cependant, le roi accepte que son autorité soit tenue en échec par une émeute parisienne. Les députés acceptent que leur pouvoir dépende de la violence populaire.

26 août 1789 - l’Assemblée constituante vote la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. S’inspirant des principes des Lumières, elle est une condamnation sans appel de la monarchie absolue et de la société d'ordres. Elle est aussi le reflet des aspirations de la bourgeoisie de l'époque: la garantie de libertés individuelles, la sacralisation de la propriété, le partage du pouvoir avec le roi et à tous les emplois publics


La gauche et la droite

Par intuition, nous savons situer les royalistes à droite et le tiers états à gauche. Qu'en est-il?

L'origine historique de ce clivage se trouve précisément pendant le mois de septembre 1789, lors d'un débat sur le poids de l'autorité royale face au pouvoir de l'assemblée populaire dans la future constitution. Les députés partisans du veto royal (principalement l'aristocratie et le clergé) se regroupèrent à droite du président . Au contraire, les opposants à ce veto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de «patriotes» (majoritairement le Tiers état). Les modérés (qui voudraient une monarchie à l'anglaise) passent à droite et la gauche se divise en trois forces principales :

1) Mirabeau, tribun charismatique, dont l'idéologie ambigüe ne sera vraiment comprise qu'après sa mort et la découverte de sa correspondance secrète avec le roi.
2) La Fayette, auréolé de sa gloire américaine et fort de sa position de général de la garde nationale.
3) Le Triumvirat: Barnave, Duport et les Frères Lameth

Ces trois centres de forces, n'ont pu réellement s'entendre et ont fini par entrer en tractation avec la Cour. Comme les modérés, ils auraient préféré une monarchie constitutionnelle à l'extrême gauche qui puisait sa force dans la population.


L'extrême gauche
A l'extreme gauche, se dressaient des démocrates intransigeants Pétion, Buzot et Robespierre (dit "le pur entre les purs"). En quelques mois, ces hommes allaient dépopulariser les figures de la révolution qu'étaient Mirabeau et Lafayette selon la méthode, devenue classique, du débordement par la gauche.

Le peuple de Paris
Le 14 juillet 1789, affirme définitivement la dictature de Paris sur le cours de la révolution et des suivantes. Ce peuple parisien chérit sa nouvelle nation et aime encore son roi (jusqu'à la sombre journée de Varennes); il pèse très lourd sur la jeune assemblée depuis l'extérieur.

La presse
Les journalistes du moment (Desmoulins, Brissot, Prud'homme, etc.) sont poussés à une surenchère démagogique à gauche, toujours plus à gauche, pour gagner une clientèle. A coups de boutoir, ils vont ouvrir un boulevard à l'extrême gauche en poussant les forces de gauche à droite (ou en les discréditant complètement).

Les Clubs
La fin de l'Ancien Régime, on avait vu apparaître en France quantité de sociétés de lecture, d'académies et autres cénacles dans lesquels les assistants discutaient des problèmes de l'heure et en particulier des réformes à apporter dans le royaume. Ces groupements, auxquels on donna le nom de "clubs", se multiplièrent à partir de 1789.

Le plus important fut le club des Jacobins. Dès la réunion des états généraux, certains députés de Bretagne avaient fondé un "club breton", où ils accueillirent des amis venus d'autres régions. Quand l'Assemblée gagna Paris, le club breton, ou "Société des amis de la Constitution", alla siéger rue Saint-Honoré, au couvent des jacobins, et devint alors le "club des Jacobins".

Les orateurs les plus en vue étaient alors les Lameth, Barnave et Duport. Après l' "Affaire de Varennes" , les partisans de la monarchie constitutionnelle quittèrent leurs collègues, aux idées trop avancées, pour fonder le club des "Feuil lants" ( qui disparut après le 10 août). Aux Jacobins, l'influence passa à Brissot, Pétion, Sieyès, Grégoire et surtout à Robespierre.


Prochain article: l'oeuvre constitutionnelle de l'assemblée constituante (5 mai 1789 - 30 septembre 1791)

 

 

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