Vous avez surement entendu parler d'attaques monétaires contre la Grèce et, plus généralement, contre la zone Euro. Le credit-defaut swap (CDS) n'a de nouveau que le fait de se révéler au grand public (en pleine digestion des subprimes). Quelle est donc cette monstruosité?
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Le credit-defaut swap
Apparu dans les années 90, un marché complexe de transfert des risques s'est constitué autour des crédits aux entreprises et aux états. Ces contrats de protection contre les faillites reflètent l’estimation par les investisseurs du risque de défaut d’une société et sont transformés en titres de propriété cotés sur le marché financier. Une sorte de pari sur le risque d’autres parieurs. Concrètement le CDS met en présence un vendeur de protection et un acheteur, qui verse une prime au vendeur pour s’assurer contre la baisse de valeur d’un actif. La durée de ces contrats est de 3, 5, 7 ou 10 ans. Si jusqu’à l’échéance d’un CDS aucun incident n’intervient, le vendeur de protection aura encaissé les primes. Mais dans le cas contraire, il devra indemniser l’acheteur de protection des pertes subies selon les modalités prévues dans le contrat. Il s’agit d’une transaction non-financée : sans obligation pour le vendeur de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction. Celui-ci reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital. Depuis près de 10 ans, la dérégulation du crédit via les CDS a facilité la spéculation et la décorrélation des cours financiers avec l’économie réelle. En effet, la titrisation (ça vous rappelle quelque chose?) des CDS défausse le vendeur de toute responsabilité dès la vente de ses titres contrairement aux emprunts obligataires. On imagine la bombe à retardement que représentent ces 60000Mds $ d'encours...
La dette de la Grèce:
Pour les marchés, la dette est un « produit financier » comme un autre. Elle a un prix défini par une offre et une demande. Comme pour le baril de pétrole ou une action en Bourse. Dans le paragraphe précédent, on devine que le CDS est également un outil incitatif qui va permettre à un acheteur potentiel d'acquérir des obligations (prêter de l'argent, donc) avec une assurance qui doit couvrir la défaillance de l'emprunteur. Pour simplifier à l'extrême:
1) le prêteur recherche les obligations (emprunts d'état) qui offrent un bon rendement ainsi qu'un assureur (par les CDS) qui va lui garantir le remboursement.
2) l'état qui émet les obligations, a besoin d'emprunter au taux le plus bas possible pour ne pas alourdir ses remboursements et sa dette.
3) l'assureur ajuste le montant des primes à verser par le prêteur en fonction du risque (disons la solvabilité du prêteur).
3) les agences de notation se proposent d'aider se petit monde en notant les emprunteurs.
Donc, si la Grèce se retrouve classée comme "payeur en difficulté", c'est à dire mal notée, les valeurs des CDS vont monter pour couvrir le risque. L'emprunteur va devoir augmenter le taux de ses obligations et s'endett
er davantage pour attirer les prêteurs hésitants sur le risque et le montant des assurances, etc. Quand on lit que la Grèce est plus mal
notée que le Maroc (4x) et qu
e le Liban (2X) avec plusieurs pays de la zone Euro dans le même cas, on peut commencer à se poser des questions.
Les agences de notation:
Trois agences de notation, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, distribuent des notes à la terre entière. Leur rôle est d’évaluer la capacité des emprunteurs à rembourser leurs dettes. Aucun produit financier ne leur échappe : aussi bien les obligation émises par Nestlé que les produits structurés montés par les banques, de même que que les fonds levés par les États. Leurs alertes sur les dettes publiques sont en train de faire tomber la Grèce et vaciller le Portugal et l’Espagne. On peut s’interroger sur leur rôle de déclencheur de panique ou d’amplificateur de la crise, d’autant que ce sont ces mêmes agences qui ont construit la bombe des subprimes à l’origine de la crise financière en 2008.
Les intrigues politico-financières vont bon train entre de possibles attaques outre-atlantique ou, mieux, des manoeuvres Européennes visant à établir un gouvernement économique des 27 pays de la zone (avec la création d'un impôt).
Sources:
http://www.nouveleconomiste.fr
http://www.liberation.fr/
http://www.mecanopolis.org
divers






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