"Vivre libre ou mourir !".
C'est le serment que prêtent les élus de la nouvelle assemblée législative, instaurée par la constitution de 1791. La fuite du roi et son arrestation à Varennes entre le 20 et le 21 juin ont compromis d'emblée ses chances. Autre élément déterminant: le principe du suffrage censitaire limite le vote aux hommes de de plus de 25 ans payant l'impot qui voteront pour des "notables" aux revenus conséquents qui éliront eux-même les députés. 745 élus, pour 2 ans, votent les "décrets" qui officiellement promulgués par le roi deviennent des lois. le Corps législatif règle lui-même ses délibérations, le déroulement de ses séances, sa sûreté, etc. Cette assemblée décide de la guerre ou de la paix et se réunit d’elle-même sans convocation. Enfin, elle seule peut décider d’une révision constitutionnelle. Elle est composée d’une chambre unique, car selon l’analyse de l’époque la souveraineté ne doit pas être divisée.
Montagnards et Girondins:
Les premiers sont assis sur les bancs en hauteur et les seconds sont principalement les députés de la Gironde.
Les grandes tendances politiques du parlement:
1) les plus modérés formèrent la droite, environ 260 monarchistes constitutionnels inscrits au club des Feuillants défenseur de la royauté contre l'agitation populaire. Ils ne comptaient aucune personnalité éminente, leurs véritables chefs, Joseph Gilbert Motier marquis de La Fayette et Antoine Barnave, se trouvant en dehors de l'Assemblée législative ;
2) la gauche, moins nombreuse (136 députés), était constituée de députés membres du club des Jacobins ou de celui des Cordeliers. Pour la plupart issus de la bourgeoisie cultivée, adeptes des idées des Lumières, ils avaient pour chef Brissot (d'où leur nom de Brissotins, puis de Girondins) entouré de philosophes comme le marquis de Condorcet et de plusieurs avocats bordelais, en particulier le brillant orateur Vergniaud. Méfiants à l'égard de Louis XVI, ils étaient partisans d'une guerre contre les souverains européens afin de mettre Louis XVI à l'épreuve mais aussi favorables à l'expansion de l'idée de liberté en Europe ;
3) le reste, 345 députés, formait le centre. Résolus à défendre l'œuvre de la Révolution, et votant le plus souvent à gauche, ils sont selon les circonstances les soutiens des uns ou des autres.
L'ambiance:
Dès le 5 octobre, les députés votent un décret détaillant le nouveau protocole qui précise ,entre autres, que le roi ne doit plus être appelé ni Sire ni Majesté et qu'un fauteuil identique à celui du président de l'Assemblée devra remplacer son trône au manège.
Ce qui allait "plomber" cette assemblée:
1) Les problèmes coloniaux qui posaient les questions de la souveraineté nationale et des aspirations autonomistes sur lesquelles s'enlisaient les débats. Un décret du 28 mars 1792 qui stipule que " les hommes de couleur et les nègres libres doivent jouir comme les colons blancs de l'égalité des droits politiques " eu pour effet de déclencher des révoltes coloniales à l'origine d'émeutes en France. Les positions ambigües
de certains élus de gauche jettent un trouble (notamment sur la question des grands armateurs français).
2) Les problèmes sociaux sont exarcerbés par la raréfaction des denrées importées (point précédent) et une mauvaise récolte en 1791. Spéculateurs et accapareurs de grains sont montrés du doigt pendant que le cours des assignats s'écroule (-44%).
3) L'anti-cléricalisme farouche du nouveau parlement se heurte à la paysannerie attachée à ses traditions de culte.
4a) L'émigration des nobles menacait la Révolution. Elle touchait maintenant un nombre plus important de personne, quelques dizaines de milliers. La première émigration n'avait touché que les hauts seigneurs qui souhaitaient se mettre à l'abri, celle de 1792 touchait des gentilshommes, des cadres de l'armée, des notables et presque toute la droite de la Constituante, tous ceux qui souhaitaient "opposer une digue à la Révolution " comme le proclamait le comte d'Artois à l'origine du mouvement. Depuis l'étranger, les émigrés font tout pour que l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse entrent en guerre et sauvent le roi.
4b) Les souverains européens s'inquiètent pour le roi et craignent une contagion révolutionnaire. Louis XVI, qui pratique le double jeu, son entourage et les émigrés français les poussent à intervenir. De leur côté, les révolutionnaires rêvent d'en découdre avec les vieilles monarchies d'Europe... C'est ainsi que l'Assemblée et le roi déclarent la guerre à l'Autriche, le 20 juin.
La fin de l'assemblée législative
Les première batailles contre l'Autriche puis la Prusse sont un désastre. La Commune des révolutionnaires soutenus par Danton rendent Louis XVI responsable de cet échec. Le 10 août 1792, ils attaquent la résidence royale des Tuileries et obligent les députés à détrôner le roi. Celui-ci est emmené à la prison du Temple avec sa famille. L'Assemblée législative tombe. Elle est remplacée par la Convention.
L'oeuvre de la legislative:
8 novembre 1791 : les émigrés sont déclarés coupables de conspiration, poursuivis comme tels, et punis de mort s'ils
ne rentraient avant le 1er janvier 1792 ;
20 avril 1792 : déclaration de guerre à l'empereur François II. Voulue aussi par la cour – Louis XVI comptait sur les échecs militaires pour reprendre en main le pays – la déclaration de guerre à l'Autriche, votée à l'unanimité moins sept voix inaugura sous l'Assemblée législative un conflit qui devait durer, avec de courts répits, 23 ans, jusqu'à la bataille de Waterloo (18 juin 1815) ;
26 mai 1792 : déportation des ecclésiastiques qui refusent de se soumettre à la constitution civile du clergé ;
11 juillet 1792 : la patrie est déclarée en danger. Dès lors, les séances de l'assemblée doivent être permanentes, toutes les municipalités et tous les conseils de district et de département doivent siéger sans interruption, toutes les gardes nationales doivent être mises en mouvement.
10 août 1792 : le roi est suspendu de ses fonctions, et une nouvelle assemblée, élue au suffrage universel, est convoquée sous le nom de Convention nationale. Cette résolution fut votée après les journées révolutionnaires du 20 juin 1792 et surtout du 10 août 1792
Sources:
Wikipedia
Assemblée nationale
http://revolution.1789.free.fr/





