Phlippe Dallier, Sénateur-Maire de Pavillons-sous-Bois, nous livre une vision sans consession de la dette publique. 
Depuis 35 ans, année après année, les budgets de la France se sont soldés par un déficit de plus en plus important, jusqu’à atteindre l’an dernier, 149 milliards d’euro portant notre endettement public à 1.500 milliards.
Depuis 35 ans, nous avons laissé croire à nos conpatriotes qu’il était possible pour l’Etat, de s’endetter et s’endetter encore sans que cela puisse un jour avoir de graves conséquences.
Depuis 35 ans, avec la retraite à 60 ans, le RMI, la CMU, l’APA, l’APCH et maintenant le RSA, la main sur le cœur, nous avons voté des lois généreuses sans nous assurer les recettes nécessaires pour les financer.
Depuis 35 ans, nous vivions dans l’illusion que le Fonds Monnétaire International n’était fait que pour les « pauvres » pays en voie de développement ou ceux d’Amérique du sud.
Mais voilà, la crise des « subprimes » américains a failli emporter le système bancaire international tout entier et dans la foulée, la montagne de dettes et l’abîme de nos déficits publics sont soudain apparus comme des évidences jusque là masquées par notre certitude que rien de grave ne pouvait arriver aux pays « riches ». Quelle arrogance et quel aveuglement !
Le Général de Gaulle, qui était le contraire d’un idéologue, avait en économie un principe simple : ne jamais sacrifier le long terme au court terme. Si nous avions suivi ce précepte, nous n’en serions pas là car, depuis 35 ans, nous n’avons en fait que poussé devant nous les problèmes, reportant sur les générations futures les conséquences de nos décisions souvent trop peu courageuses à droite et irresponsables à gauche.
Aujourd’hui, nous découvrons stupéfaits que la France pourrait, après l’Islande, l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne, être la cible des spéculateurs et connaitre le même sort. Alors que nos déficits et notre dette n’ont jamais été aussi importants, c’est un paradoxe incroyable, nous bénéficions de taux d’intérêt historiquement bas. Si jamais cette situation se retournait et que nous soyons contraints de payer trois à quatre fois plus cher les emprunts que nous contractons pour boucler nos budgets, les conséquences seraient dramatiques. N’oublions pas qu’aujourd’hui, la quasi-totalité du produit de l’impôt sur le revenu, soit plus de 40 milliards d’euro, sert uniquement à payer les intérêts de notre dette.
Depuis 6 ans, au Sénat et devant vous, je n’ai eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme lorsque nous décidions de réduire nos recettes, avec par exemple, la TVA à 5,5% pour les restaurateurs ou lorsque nous décidions de lancer un « grand emprunt » pour palier les effets de la crise. J’avais bien conscience d’agacer mais à quoi bon être parlementaire si c’est pour ne pas dire ce que l’on pense.
Mais enfin, comme le dit le bon sens populaire, « à quelque chose malheur est bon » de cette grande peur, il me semble qu’une prise de conscience nationale est en train de se forger.
Il nous faut saisir le moment et avoir le courage de dire toute la vérité à nos compatriotes. Le Premier Ministre y est manifestement décidé. Il nous faut le soutenir fermement au Parlement et adopter les mesures qui nous permettront enfin de revenir à l’équilibre de nos finances publiques afin de commencer à rembourser, chaque année, non pas seulement les intérêts mais aussi une partie du capital de notre dette. Notre salut passe par là.
Retrouvez Philippe Dallier sur son blog: http://www.philippedallier.fr/





