Il m'arrive assez souvent d'entendre une certaine confusion entre dette publique et déficit de l'état; ce n'est pas exactement la même chose. Ceux qui connaissent le sujet n'apprendront rien dans cet article. Les autres, je les invite à me suivre:
Il y a bien longtemps que les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes. Ainsi, le budget fait apparaître un déficit de l'état. L’accumulation de ces déficits au cours des années constitue la dette de l’Etat. Pour 2010, les ressources nettes du le budget général de l’Etat (ses recettes) sont de 169 Md€ et ses charges nettes (ses dépenses) de 322 Md€. Le solde du budget général est donc négatif : -153 Md€. C’est ce qu’on appelle le déficit budgétaire. Les charges d’intérêt de la dette représentent 42,9 Md€ en 2009, soit presque autant que le produit de l'impôt sur le revenu.
Pour financer son déficit, l'État doit emprunter de l'argent sur les marchés financiers, et donc, s'endetter. Comme un particulier ou une entreprise, l'État fait appel à l'ensemble des instruments disponibles sur les marchés financiers afin d'emprunter dans les meilleures conditions. L'endettement peut être nécessaire pour financer des investissements : éducation, recherche, infrastructures…
Le seul poids de la dette publique représentera 13 % des dépenses du budget de l'État en 2010 (soit 1489 Milliards d'Euros en 2009).
2009 a été une année particulièrement difficile avec la crise et les mesures de soutien qui ont plombé le déficit budgétaire et alourdi la dette de la France. Quand on annonce que le déficit de l'état représente 7,5% du PIB, cela parait "audible". Par contre, si on dit trivialement que l'état dépense le double de ce qu'il gagne, c'est beaucoup plus difficile à entendre. Pourtant on parle de la même réalité: la dette que nous laissons à nos enfants.
Il me semble important d'avoir toujours ces chiffres à l'esprit quand on parle de politique, que ce soit au niveau local ou national.
Le tableau, ci-dessous vous donne l'évolution avec le déficit de l'état dans la colonne de droite.

Ci-dessous, la destination des dépenses de l'état où l'on peut voir les parts importantes consacrées à la défense et au remboursement de la dette.










